Grand cabas Maison Cyrabel, motif toile originale imprimé à Cannes

La mode a-t-elle un accent du Sud ?

Le regard de Maison Cyrabel

On parle beaucoup d'Espagne, ces temps-ci. De Bilbao à Barcelone, une nouvelle génération de créateurs impose une mode joyeuse, colorée, fidèle à ses racines et lucide sur sa manière de produire. Une mode qui dialogue directement avec les gens, qui préfère la fabrication locale aux silhouettes uniformisées, qui refuse de choisir entre désirer et s'engager.

Cette conversation nous touche. Parce qu'elle décrit un mouvement que nous connaissons de l'intérieur — sauf qu'il ne vient pas de l'autre côté des Pyrénées. Il vient d'ici. De la Méditerranée française. De Cannes.

Le Sud n'appartient à personne

Il y a une lumière qui traverse toute la côte, de Gênes à Valence, sans s'arrêter aux frontières. C'est elle qui donne aux marques du Sud ce sens aigu de la couleur que l'on remarque tant chez les créateurs ibériques. Cette lumière, nous la peignons.

Chez Maison Cyrabel, tout commence par une toile originale d'Annabel. Un expressionnisme floral texturé, né de la lumière méditerranéenne, de ses fleurs, de ses bleus qui ne ressemblent à aucun autre bleu. Ces toiles ne restent pas au mur. Elles deviennent des vêtements.

C'est là que notre chemin s'écarte de tous les autres.

Un motif n'est pas un imprimé de catalogue

La plupart des marques choisissent un motif. Nous, nous partons d'une œuvre.

Le motif que vous portez sur un sweat ou un cabas Maison Cyrabel n'a pas été acheté sur une planche de tendances. C'est une peinture d'Annabel, une vraie, avec ses reliefs, ses empâtements, ses hasards de matière. Ce motif est ensuite imprimé à Cannes, puis posé à la presse pièce par pièce, dans l'atelier familial. Chaque vêtement porte donc une part de tableau.

Cela ouvre une possibilité que peu de gens connaissent : la double possession. Vous pouvez posséder la toile originale, accrochée chez vous. Ou vous pouvez porter l'œuvre, la faire vivre dehors, dans la lumière pour laquelle elle a été peinte. Parfois les deux. L'art cesse d'être une chose que l'on regarde à distance. Il devient une chose que l'on habite.

Produire autrement, ce n'est pas un slogan

L'édito ibérique le dit joliment : la nouvelle garde a choisi de conjuguer désirabilité et engagement. Nous n'aurions pas mieux formulé.

Produire autrement, pour nous, ce n'est pas une ligne marketing ajoutée après coup. C'est la géographie de notre travail. L'atelier Sérideco existe à Cannes depuis 1973. Georges l'a fondé. Aujourd'hui, Cyril fait vivre les œuvres d'Annabel sur le textile, dans le même lieu, avec la même exigence. Trois générations, une adresse, une ville : Made in Cannes.

Rien n'est délocalisé, rien n'est anonyme. Quand vous recevez une pièce, elle a été imprimée à quelques mètres de la mer, dans un atelier où l'on connaît chaque motif par son prénom de toile.

Réinventer sans renier

Ce qui séduit dans la jeune mode espagnole, dit l'édito, c'est qu'elle sait se réinventer sans renier ses racines. Voilà exactement ce que nous cherchons à faire, à notre échelle, sur notre bout de côte.

Renier nos racines, ce serait oublier l'atelier, la peinture, la lumière de Cannes. Se réinventer, c'est refuser que l'art reste enfermé dans les galeries, et que la mode se contente d'imprimés interchangeables. Entre les deux, il y a une place. C'est la nôtre.

La créativité du Sud ne parle pas qu'espagnol. Elle a aussi un accent d'ici — celui d'une toile qui devient vêtement, d'un motif qui garde la mémoire de la main qui l'a peint, d'une ville qui fabrique encore ce qu'elle imagine.

C'est précisément ce qui nous anime aujourd'hui.


Découvrir la capsule 43°N Les Estivales — née de cette lumière-là. Et les toiles devenues sweats dans la collection Masterpiece.

Maison Cyrabel — 43°33′N · 7°01′E · Cannes

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